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Informations : Article Français / English Hiver Mental CD album
Neuf années se sont écoulées sans qu’aucun album de Nocturne ne voie le jour. Silence complet, en dehors des concerts et de quelques apparitions sur diverses compilations : aucune nouvelle production n’avait émergé. Emmené par Saphi depuis maintenant plus de trois décennies, Nocturne n’a jamais été mis de côté ni en pause. À l’inverse, le travail en studio est une pratique quotidienne et acharnée, sans interruption aucune. C’est, en somme, une véritable discipline à part entière. Poursuivant sans cesse une recette sonore et musicale régulièrement remise en question par la pratique, les concerts et les rencontres, celle-ci a trouvé ce que l’on pourrait appeler une forme d’aboutissement, qui s’avère être surtout la continuité logique d’un travail persévérant mené depuis plusieurs décennies. Ici, pas de retour en arrière : inutile de se retourner, on est à la source de la continuité, comme on pourra s’en rendre compte à l’écoute des treize titres qui constituent ce nouvel album intitulé HIVER MENTAL.
L’album, entamé en 2018, s’est finalisé en décembre 2025 : on est face à un processus long où rien n’est laissé au hasard. La tonalité, elle, est bruitiste et frontalement hostile. « Précis, méticuleux, chirurgical » : c’est ainsi que l’on pourrait décrire le cœur de la formule sur laquelle reposent les morceaux, au format court — 2 minutes pour les plus brefs, sans jamais excéder 4 min 30 —, ce qui confère à ce disque un rythme particulier. Ce n’est pas tant la durée qui importe que l’intensité avec laquelle les morceaux s’impriment dans l’esprit, comme la lumière sur la rétine. Les morceaux mêlent ambiant et noise. Certaines compositions, plus électroniques, associées aux manipulations d’une grande précision de ces noisers — instruments faits maison — ainsi qu’aux voix parlées, génèrent, sur certains titres, un sentiment de tension extrême, de menace, provoquant l’angoisse et l’inquiétude, voire une anxiété prête à s’abattre comme un hiver brutal en saison douce.
« Rien à quoi l’on puisse se raccrocher » : c’est ce qui vient à l’esprit après l’écoute du disque, mais aussi un sentiment de violente impuissance face à soi-même et au monde bouleversé qui nous est renvoyé en permanence par les médias, nous plongeant dans l’inhibition, l’angoisse et la frustration. Certains morceaux, avec des textes comme Automne, Amerailleurs et Bienvenue, sont d’une grande mélancolie dramatique : le son, la voix, le brouhaha hypnotique qui les accompagne ne laissent aucun espace pour s’évader. Ils nous figent et nous renvoient à notre propre image, dans une mise en abyme redoutable face à l’indicible. D’autres morceaux ambiants, faussement plus calmes, comme Tumulte, offrent une respiration face à ce sentiment d’étouffement et de catastrophe permanente prête à tout dévaster. Des morceaux bruitistes et hostiles (Déferlement, Ecochaos, Partir, Tout doit disparaître) illustrent un monde dégradé, abîmé et détruit par l’homme, son mode de vie, ses appétits et sa violence débridée. Là aussi, les détails, les sons, les machines sont découpés au scalpel. Le morceau Monitoring est lancinant, plus électronique et rythmique : son motif répétitif, ponctué de déflagrations de noise, dépeint un monde où la terreur et la surveillance de masse sont omniprésentes. La peur est partout, tout le temps ; il n’y a pas d’accalmie — un monde où le rêve s’interdit. Chaque morceau est un fragment d’image qui, lui-même, dépeint un tableau plus vaste, un instantané panoramique, un travelling élargi. L’ensemble donne à percevoir une ambiance vacillante, un sol sous nos pieds qui se dérobe : la marche elle-même a perdu toute assurance.
Hiver Mental, c’est d’abord une image née dans l’intimité du raisonnement, là où naissent les premiers conflits avant leur extension vers l’extérieur que représentent les autres. Nocturne donne une image du monde réaliste, sans optimisme, où la mort est toute relative face au silence des vivants — elle, elle est vraie. Se déplacer dans l’ombre, écrire son nom dans la terre, dans l’eau ou dans l’air : il n’en reste rien, et c’est beau. Dans cet éphémère existe quelque chose de plus profond que l’oubli : la persistance de ce vide. Même dans la poétique du vide, une issue semble possible, mais ici il n’y a pas d’échappatoire : la crise s’est installée pour toujours. Il n’y a plus d’en-dedans ni d’en-dehors, ni d’endroit où s’abriter, se protéger. La menace est partout et commence en soi. Plus de silence, pas de paix. C’est terminé. Nocturne, une image de notre temps.
English : Nine years have passed without any Nocturne album being released. Total silence, apart from concerts and a few appearances on various compilations: no new production had emerged. Led by Saphi for over three decades now, Nocturne has never been set aside or put on hold. Quite the opposite. Studio work is a daily, relentless practice, without any interruption. In short, it is a discipline in its own right. Continuously pursuing a sonic and musical language constantly questioned through practice, concerts, and encounters, it has reached what one might call a form of culmination, though it is more accurately the logical continuation of a persistent body of work carried out over several decades. Here, there is no turning back: no need to look over one’s shoulder. We are at the source of continuity, as can be heard across the thirteen tracks that make up this new album entitled HIVER MENTAL.
The album, begun in 2018, was completed in December 2025: we are dealing with a long process in which nothing is left to chance. The tone is noise-based and openly hostile. “Precise, meticulous, surgical”: this is how one might describe the core of the formula upon which the tracks are built. Short-form pieces — 2 minutes for the shortest, never exceeding 4:30 — give the record a distinct rhythm. Yet it is not duration that matters here, but the intensity with which the pieces imprint themselves on the mind, like light on the retina. The tracks blend ambient and noise. Some compositions, more electronic in nature, combined with the highly precise manipulations of these noisers — homemade instruments — as well as spoken voices, generate, on certain pieces, a sense of extreme tension, of threat, provoking anxiety and unease, even a fear ready to collapse onto you like a brutal winter in a mild season.
“Nothing to hold onto”: this is what comes to mind after listening to the record, along with a sense of violent helplessness toward oneself and toward a world constantly thrown back at us by the media, plunging us into inhibition, anxiety, and frustration. Some tracks, featuring texts such as Automne, Amerailleurs and Bienvenue, are marked by a deep dramatic melancholy: sound, voice, and hypnotic noise leave no space for escape. They freeze us in place and confront us in the mirror, in a ruthless mise en abyme of the unspeakable. Other ambient pieces, deceptively calmer, such as Tumulte, offer a brief respite from this feeling of suffocating, ever-present catastrophe ready to destroy everything. Noise-driven and hostile tracks (Déferlement, Ecochaos, Partir, Tout doit disparaître) depict a degraded world, damaged and destroyed by humankind, its way of life, its appetites, and its unrestrained violence. Here too, details, sounds, and machines are cut with a scalpel. The track Monitoring is slow-burning, more electronic and rhythmic: its repetitive motif, punctuated by bursts of noise, depicts a world where terror and mass surveillance are omnipresent. Fear is everywhere, all the time; there is no reprieve — a world in which dreaming is forbidden. Each track is a fragment of an image which itself sketches a larger picture, a panoramic snapshot, a wider tracking shot. Together, they reveal a shifting atmosphere, a ground beneath our feet giving way: walking itself has lost all certainty.
Hiver Mental is first and foremost an image born in the intimacy of thought, where the first conflicts emerge before extending outward toward others. Nocturne offers a vision of the world as it is, without optimism, where death becomes almost secondary in the face of the silence of the living — it, at least, is real. To move through the shadows, to write one’s name in earth, water, or air: nothing remains, and it is beautiful. Within this ephemerality lies something deeper than forgetting: the persistence of this void. Even within the poetics of emptiness, an escape still seems possible — but here there is none. The crisis has settled for good. There is no inside and no outside, no place left to shelter or protect oneself. The threat is everywhere and begins within. No more silence, no peace. It is over. Nocturne, a picture of our time.

A new CD album by Nocturne was released by the German label TESCO in May 2026. We have some copies join us here
https://tesco-germany.com/en/produkt/nocture-hiver-mental-cd/
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A tape was released by the Japanese label SSSM (Seeking Sensation Scale) aka Contagious Orgasm Hiroshi Hashimoto in April 2026.
You can support the artist by purchasing it here in digital format https://artschock.bandcamp.com/album/nocturne-r-veries-virgil-soleil
Informations : « Rêveries, Virgil Soleil » Tape C30 Fr/Eng.
Ce projet de K7 a commencé par l’invitation de Hiroshi Hashimoto (label SSSM/Contagious Orgasm) le 24 janvier 2026 à produire une tape sur son label. J’avoue que ça m’a posé plein de question, une tape? Pour quel son, quelle musique? Hiroshi me proposait de produire une tape 32 ans après la première que j’avais publié en 1994 Impartialité Monumental « Frieden/Krieg » avec l’agence Art Schock que j’avais fondé à cette époque (toujours active aujourd’hui) et diffusée à cette même époque par le label Breack the line, également toujours actif.
J’étais dubitatif sur ce que j’allais pouvoir proposer. Du son et de la musique j’en ai des kilomètres depuis toutes ces années et très peu sont publiées. J’avais bien cette idée depuis quelques temps de commencer à compiler ce que j’avais créé pour le théâtre et les installations sonores, et BAAM ! Je me suis dit que s’était le moment et on a fait la cassette.
Hiroshi Hashimoto est très professionnel ; le travail est méticuleux, soigné, et la tape est accompagnée d’un superbe badge. Je suis très heureux de ce projet. Merci à lui. Ces « Rêveries » constituent une première compilation de morceaux créés entre 2004 et 2026, et il y en aura d’autre, dans un autre format, sur d’autres labels, qui sait, à suivre…
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Engl: This cassette project began with an invitation from Hiroshi Hashimoto (SSSM / Contagious Orgasm label) on January 24, 2026, to produce a tape for his label. I must admit, it raised a lot of questions for me: a tape? What kind of sound, what kind of music? Hiroshi was asking me to produce a cassette 32 years after the first one I released in 1994 — Impartialité Monumental “Frieden/Krieg” — with the Art Schock agency that I founded at the time (and which is still active today), and which was distributed back then by the label Break the Line, also still active today.
I was unsure about what I could offer. Over all these years, I’ve accumulated miles of sound and music, most of it still unreleased. For some time, I had been thinking about starting to compile the material I created for theatre and sound installations, and then — BAAM! — I realized this was the right moment, and we made the cassette.Hiroshi Hashimoto is extremely professional; the work is meticulous and carefully crafted, and the tape comes with a superb badge. I’m very happy with this project. Many thanks to him.
These “Rêveries” are a first compilation of pieces created between 2004 and 2026. Another compilation will follow in a different format, on another label who knows, to be continued…
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Hypnose Générale CD album deluxe édition
Nocturne Biographie Fr/Engl. Discography

Une image de notre Temps
Saphi est à l’origine de Nocturne et débute ses premières expériences analogiques et industrieuses en 1994. Ses préoccupations premières furent la notion de choix et de libre arbitre. Face à une situation donnée nous devons trouver une attitude qui puisse nous permettre de tenir. Mais notre logique biologique se distingue de la logique sociale, et notre opposition intérieure va parfois à l’encontre de ce que nous sommes réellement ou souhaiterions être. C’est dans l’intimité du raisonnement où naissent les premiers conflits avant leurs extensions possibles vers l’autre que Nocturne oscille.
Il est rejoint depuis par Cécile, Ils sont désormais deux à œuvrer entre noise rythmique et électronique sombre, instruments acoustiques et machinerie, chant et chuchotements. Les textes sont des chroniques d’humeur, des états d’âme et des voix intérieures enfin délivrées. Du bruit parmi nous dans l’incohérence qui nous rend fou.
Nous faisons du bruit parce que nous sommes vivants et nous aurons tout le temps d’être au calme!
Biographie complète sur Gods & Beasts.
A picturne of our Time
Saphi is the originator of Nocturne and began his first analog and industrious experiments in 1994. His earliest concerns revolved around the notions of choice and free will. Faced with a given situation, we must find an attitude that enables us to endure. Yet our biological logic differs from social logic, and our inner opposition sometimes runs counter to what we truly are — or would wish to be. It is within the intimacy of reasoning, where the first conflicts arise before any possible extension toward others, that Nocturne finds its oscillation.
THe has since been joined by Cécile. They are now two, working at the crossroads of rhythmic noise and dark electronics, acoustic instruments and machinery, singing and whispers. The lyrics unfold as chronicles of moods, states of mind, and inner voices finally set free. Noise among us, within the incoherence that drives us mad.
We make noise because we are alive and we will have plenty of time to be quiet!